Vendredi 25 mai 2018

Eglise méprisée, Eglise méprisante (Hébreux 10,32-39)


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La persécution pour motif de conscience ou de croyance, ce n'est pas mon histoire: jamais vécue, jamais ressentie – même dans le mépris de chrétiens trop sûrs d'eux. Elle est certes dans mon patrimoine réformé, comme une blessure confessionnelle, comme un arrachement à ses racines, comme un exil consenti sans lâcheté, comme une résistance désespérée face à l'injustice et à l'absurdité. Je la constate encore dans le spectacle désolant qu'offre l'appauvrissement du Moyen-Orient, polarisé et vidé de sa sève originelle, mais je ne la connais pas, elle ne m'évoque qu'une souffrance par procuration. C'est dès lors avec le plus grand respect que je reçois les récits outragés des persécutés d'aujourd'hui, et que j'écoute leur combat, leur résistance, leur survie. Mais c'est aussi avec déconvenue que je constate de temps à autre les retours revêches et les réflexes identitaires de ceux qui ne trouvent plus dignité que dans la méfiance voire l'exécration de l'autre. Comment recevoir ce sentiment revanchard? Que faire de cette soi-disant connaissance clairvoyante de l'adversaire qui les encombre jusqu'à les coloniser? Pour une part, ils n'ont pas tort, mais par ailleurs, quelle peut être leur parole alors même qu'elle est comme liée par la violence subie? N'est-ce pas cela, faire défection, comme dit l'épître: être abîmé par l'autre au point d'oublier le pardon, fût-ce celui de Dieu, et jusqu'à perdre son âme...

Blaise Menu

Prière: Père, aide-moi à m'abstenir, au moins à suspendre tout jugement. Aide-moi à écouter avant de réagir. Mais aide-moi aussi à ne pas occulter la parole nécessaire quand elle doit être dite face à la conviction blessée d'autrui.  

Référence biblique : Hébreux 10, 32 - 39

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